sÉlection
LA sÉlection classique
La méthode de sélection classique des céréales autogames est bien connue, on l’appelle aussi « sélection généalogique », elle dure au moins 10 années entre le croisement initial et la variété commerciale.
Le travail débute à partir de croisements plus ou moins complexes entre des parents caractérisés. Les descendances de ces croisements sont étudiées et sélectionnées pour aboutir à la variété commerciale.
On observe quatre grandes phases : une période de sélection en pépinières, suivie d’une période d’expérimentation, puis d’une période « officielle » d’inscription et de protection, enfin de la période commerciale. La durée de celle-ci dépend succès de la variété. Toute variété digne de ce nom se perpétue au travers des ses descendances, de nombreuses variétés font partie d’une longue filiation : WILSON issu d’une sélection dans HATIF INVERSABLE (variété de VILMORIN issu d’un croisement de 1898) donne par une nouvelle sélection HYBRIDE 40, mère de TADEPI qui donne par croisement CHAMPLEIN pour aboutir à TALENT puis à FESTIVAL et à SIDERAL lui-même parent de nombreuses lignées en cours de sélection.
Toute variété de céréale à paille fait partie d’une filière où deux acteurs, parmi d’autres, sont fondamentaux : les agriculteurs et les industriels. Les agriculteurs sont dépendants de deux grandes caractéristiques : le rendement et les facteurs de régularité du rendement ( résistances aux maladies et aux ravageurs et caractéristiques agronomiques). Les industriels apprécient et mettent en oeuvre la valeur d’utilisation de la variété de céréale que l’on appelle aussi qualité.
Le sélectionneur doit donc concevoir, tester et sélectionner son matériel en fonction de ces trois objectifs majeurs : rendement, facteur de régularité du rendement et qualité.
De nombreuses techniques et technologies sont mises en œuvre pour les atteindre. Par exemple C.C. BENOIST SA est le centre d’excellence européen pour la sélection de la valeur d’utilisation des blés tendres et durs.
Le sélectionneur doit connaître au mieux la génétique de transmission des caractères et leur héritabilité. Les biotechnologies sont un apport nouveau, important et peut être fondamental dans ce travail, en particulier la sélection assistée par marqueurs.
Tout au long du schéma de sélection, le sélectionneur utilise des tests, des méthodes, des techniques, des analyses qui lui permettent de sélectionner le matériel en fonction de divers cahiers de charge définis pour les différentes espèces sélectionnées. Ainsi, en orge, les demandes seront très différentes entre une orge six rangs hiver fourragère et une orge de printemps deux rangs brassicole. Le blé dur n’a, lui, qu’une utilisation alimentaire humaine et n’est utilisé que par une industrie puissante très concentrée. Pour le blé tendre, il existe de nombreux types, plus ou moins de haute qualité, pour l’alimentation animale, pour les utilisations industrielles, de type printemps ou hiver, précoce ou tardif...
L’agriculteur moderne utilise des variétés associées à des systèmes de production ou l’économie des intrants devient très importante, en termes de coûts de production et de respect de l’environnement. Ces données nouvelles sont intégrées et expérimentées dans la phase expérimentation de la sélection.
Le sélectionneur doit intégrer ces multiples facteurs pour aboutir à une variété commerciale qui donnera satisfaction à une filière précise, ce qui aboutira à une nouvelle « variété leader».